Un Dieu ou des Dieux ?

Affichage du sommaire de la section Chrétienne

Sommaire

Il y a ceux qui y croient et ceux qui n'y croient pas

Beaucoup se défendent de croire en l'existence d'un Dieu lointain qui aurait créé le monde et nous aurait laissé ensuite dans le m... Ceux-là et celles-là disent ne pas avoir besoin d'un Dieu qui nous imposerait une loi absurde sans nous demander notre avis. Ils et elles refusent, à juste titre, de se priver de la liberté de penser et veulent effectuer librement leurs choix d'hommes et de femmes responsables.

Quelques un(e)s disent croire en un Dieu personnel qui aimerait de loin les hommes et les femmes en laissant libres chacun et chacune d'entre nous. Pour eux et elles cette liberté passe par une loi relativement simple : "Aime et fais ce qu'il te plait", sachant cependant qu'il faut des règles pour vivre cet amour en société.

Mais que nous croyions en un Dieu ou que nous n'y croyions pas, n'avons nous pas en commun de partager beaucoup de dieux qui nous imposent "d'en haut" leurs lois absurdes qui nous empêchent de vivre libres et heureux ?

Retour au début de l'article sur Dieu ou les dieux

L'alcool ou le tabac

Prenons l'exemple de l'alcool et du tabac. Ces substances sont jugées fort agréables par beaucoup qui ne voient nulle malice (malice = effet du malin). D'ailleurs l'état les reconnaît comme légales et en tire une grande partie de ses recettes.

Mais quand l'un ou l'une d'entre nous y prend (trop de) goût, il ou elle en prend de plus en plus jusque ne plus pouvoir s'en passer. Du plaisir de boire, on peut passer au besoin irrésistible de boire sans cesse jusqu'à oublier ce qu'on a cherché à oublier par l'alcool. Du plaisir de fumer, on devient progressivement obligé de prendre régulièrement sa dose de nicotine.

L'alcoolique et le drogué sont passé insensiblement de l'état d'amateur (qui aime) à celui de dépendant. Le moyen de plaisir est devenu asservissement.

Quand une part importante du budget passe dans ces plaisirs là qui deviennent obligation sous peine de ressentir un manque douloureux, c'est que nous sommes devenus esclaves des ces dieux alcool ou tabac qui nous imposent leurs lois.

On voit ainsi certains adorateurs du dieu Nicot exhaler leurs fumées sous le nez des agnostiques pour leur inculquer le cancer objet apparent de leur vénération.

Retour au début de l'article sur Dieu ou les dieux

L'argent

L'argent est une chose fort utile pour permettre les échanges économiques. C'est plus facile de payer le pain chez le boulanger avec une pièce que de venir faire un troc avec un poulet qu'on aurait pris dans sa basse-cour.

L'argent est un moyen, tout le monde est d'accord en théorie. Mais n'avons-nous pas tous une tendance à en vouloir plus, à toujours accumuler, l'argent et l'or, augmenter le solde du compte-chèques ou accumuler les actions ?

C'est toujours tentant d'en avoir toujours plus et pour quelle raison devrions-nous nous limiter arbitrairement et à quel seuil. Les riches ne sont-ils pas toujours les autres ? N'est-il pas légitime de se garder une provision pour le cas où, pour un prochain voyage aux antipodes ou pour une retraite plus facile ?

Mais justement, atteindrons-nous cette retraite convoitée. À force de trimer comme un forcené pour augmenter notre salaire ou obtenir des primes de rendement, est-ce que nous n'allons pas mourir prématurément d'un infarctus ?

Pour gagner plus, il faut travailler toujours davantage, comme me le serine sans arrêt mon patron. Et à force de rentrer tard à la maison sans voir les enfants déjà couchés, je risque de trouver un jour un mot sur la table de la cuisine où ils m'annonceront qu'ils sont partis pour enfin rencontrer quelqu'un, à moins que ce soit elle qui me fasse part qu'elle a enfin rencontré un vivant, un autre que moi.

Et si je suis obligé de dénigrer le travail de mes collègues de travail pour bien me faire voir de mon chef et ainsi obtenir une augmentation de salaire, qu'aurais-je fait sinon sacrifier des humains à ce dieu dévoreur de vie ?

Faudra-t-il tout cela pour que je me réveille de ma fascination pour ce dieu mamon que j'aurais adoré toute ma folle vie sans m'apercevoir que je ne faisais qu'accumuler des offrandes dorées pour ce dieu exigeant et insatiable.

Comme quoi il n'y a pas que l'argent dans la vie, ... il y a aussi les cartes de paiement. :-)

Retour au début de l'article sur Dieu ou les dieux

Le marché

Que ce soit à la radio ou à la télévision, les journalistes et les politiques nous adressent des messages définitifs sur l'actualité économique.

"Le marché veut moins de réglementation"
ou "Le marché exige une baisse des impôts"
ou encore "Le marché se méfie de l'euro et demande du dollar."
Ces formulations tendent à faire croire qu'il existe une entité abstraite appelé "marché" qui possède une volonté qui s'impose aux décideurs, aux citoyens ou aux financiers.

Si nous prenons le temps de réfléchir aux mécanismes économiques, nous savons bien que le marché n'existe pas en dehors des hommes (et plus rarement des femmes)
qui dirigent les entreprises et qui ne veulent pas de loi de protection des salariés ou des consommateurs,
qui refusent la solidarité entre catégories sociales et qui estiment pouvoir se débrouiller seul(e)s pour leur retraite sans se préoccuper de celle de leurs voisins,
ou qui décident les achats et ventes de devises dans les banques et les grandes entreprises internationales en se préoccupant plus de leurs intérêts immédiat que de l'économie globale des pays contre lesquels ils ou elles spéculent.

Mais il semble plus simple de présenter des décisions individuelles ou collectives comme des actes imposés par une puissance supérieure. On préfère se réfugier derrière un "au-dessus" pour éviter de parler des responsabilités des uns et des autres

C'est ainsi qu'on préfère se forger un dieu tutélaire pour éviter de se trouver face à soi et aux conséquences de ses actes.

Retour au début de l'article sur Dieu ou les dieux

Le sexe

Rien n'est plus agréable, jouissif même, que des relations sexuelles entre partenaires consentants et attentionnés. Celui qui a inventé l'hétérosexualité a eu une chouette idée. :-))

Tant que l'amour physique se vit dans le respect mutuel de l'autre, il n'y a rien à dire, mais nous savons, hélas, que toutes les relations sexuelles ne sont pas signe d'amour réciproque.

Si j'en crois ma mémoire, la moitié des procès d'assise concerne les viols, incestes et autres agressions sexuelles ; et encore un grand nombre des ces violences ne viennent pas devant les tribunaux !

On connaît aussi l'importance du tourisme sexuel contre lequel militent de nombreuses associations. Il parait que les pays du Sud-Est sont les plus recherchés, en particulier par les avides de jeunes garçons et de jeunes filles.

Ces perversions du sexe concernent heureusement une minorité d'hommes et de femmes, mais ces actes sont toujours trop nombreux et trop graves pour les victimes. Un certain nombre des agresseurs sont eux-mêmes des victimes de leur passé, mais d'autres sont des gens installés et auxquels on donnerait parfois le bon dieu sans confession.

Ceux-là cherchent à assouvir leur désir inextinguible de sexe. Ils semblent complètement dominés par cet accaparement du sexe des autres. Ils ne voient pas leurs victimes comme des êtres humains, mais seulement comme des sexes ambulants. Les plus atteints se justifient en invoquant un souci esthétique et une recherche d'un sexe absolu auquel ils vouent une passion sans mesure.

Cette relation de dépendance envers une puissance, ici sexuelle, qui vous enlève tout contrôle de soi n'est-elle pas justement une caractéristique de la relation d'un adepte à un dieu aux besoins parfois obscurs, mais qu'on suit dans tous les excès qu'il exige de nous ?

Retour au début de l'article sur Dieu ou les dieux

La bagnole

Il est courant de dire qu'on change de personnalité en passant du statut de piéton à celui d'automobiliste. Le calme s'énerve, le patient s'impatiente, le tendre agresse.

En entrant dans une voiture, j'entre dans un être, une carrosserie, qui m'inclut en me protégeant des autres qui sont alors à l'extérieur de la nouvelle personnalité qui m'a accepté et intégré.

En conduisant la voiture je deviens la voiture et elle devient moi en restant autre. Le conducteur dit au gendarme qui l'a arrêté pour excès de vitesse : "Mais c'est la voiture qui va trop vite."

Je ne crois pas qu'il faille seulement entendre par cette phrase une excuse facile. La constance de l'argument indique une croyance intégrée dans l'action. L'automobiliste indique par là qu'il n'a plus la personnalité d'un acteur libre et responsable de ses actes, mais qu'il est sous la domination de la mécanique.

La responsabilité individuelle est niée aussi par les autorités policières et politiques qui ne s'émeuvent pas un poil des 8000 suicides et assassinats commis annuellement sur les rues et routes françaises.

Tous s'accordent pour considérer ce massacre comme une fatalité contre laquelle on ne peut que faire de l'agitation, par exemple en mobilisant les caméras de la télévision autour d'une brigade en faction sur le bord de la route ou d'un préfet présidant une commission de retrait du permis de conduire sur une aire d'autoroute. Le résultat est flagrant : 90 morts de plus en fin de semaine de Pâques 2000, 98 morts pour le 1° mai.

Nous avons à faire à un holocauste effarant où tout le monde semble accepter qu'on sacrifie tant de morts à ce dieu voiture qui dicte la conduite de ses adeptes automobilistes.

Retour au début de l'article sur Dieu ou les dieux

Alors des dieux ou un Dieu ?

J'ai donné ici quelques exemples ce ces dieux nouveaux. Nous nous sommes certes débarrassés de Zeus et de Pluton et nous savons désormais que ce ne sont plus eux qui déclenchent la foudre et la tempête. Mais avons-nous réellement gagné une liberté si nous tombons sous la coupe de ces dieux modernes que nous avons nous-mêmes inventés mais auxquels nous semblons complètement soumis ?

Le christianisme, à la suite du judaïsme et comme l'islamisme, a compris que la pluralité de dieux ne diminuait pas leurs pouvoirs (du genre diviser pour régner), mais au contraire renforçait l'emprise de ces divinités sur l'humanité.

L'unicité de Dieu révélée par les religions monothéiste interdit qu'Il m'enserre de ses nombreuses tentacules divines. Il est Un pour entrer en dialogue de personne à personne.

Il est seul face à moi et ne peut pas m'emprisonner. À chacun de se libérer de ses faux dieux.

Retour au début de l'article sur Dieu ou les dieux


@ de cette page :
   http://jean-luc.dupaigne.name/fr/chr/dieux.html
Date de création : 14 mai 2000.
Dernière révision : 28 mai 2000
Dernière révision technique : 19 janvier 2005.
©Jean-Luc Dupaigne 2000.