Vocabulaire chrétien,

une approche étymologique

Si certains mots grecs (abg écrits en rouge) ou hébreux (dgb) écrits en bleu) ne vous semblent pas être correctement affichés, c'est probablement que les polices d'affichage dans ces langues n'existent pas encore sur votre ordinateur. Vous pouvez les charger à cette page de mon site.

Sommaire


Introduction
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Conclusion

Introduction

Ce n'est pas parce qu'on parle le patois de Canaan qu'on est obligé d'être incompréhensible.

Tout groupe humain se construit une langue qui lui permet de se différencier du monde extérieur. Cette langue est une nécessité pour exprimer des concepts communs sans devoir faire à l'infini des périphrases, mais elle isole de ceux et celles qui ne parlent pas ce patois.

À coté de l'argot des titis parisiens, du jargon bourré d'anglicismes des informaticiens et des abréviations illisibles du néo-langage utilisé dans les textos et autres mini-messages, il existe une langue devenue obscure que pratiquent allègrement les clercs, théologiens, exégètes et autres spécialistes des confessions chrétiennes.

Cet article tente de préciser ce vocabulaire à partir de l'étymologie, le plus souvent grecque, parfois hébraïque ou latine, de ces mots abscons. Je fais ainsi le pari de "démythologiser", de désenchanter (enlever l'aspect magique), de profaniser (rendre profane) un vocabulaire sacré en retrouvant le sens initial des ces mots souvent communs et parfois au sens détourné.

Certes l'étymologie n'est qu'un des aspects du sens porté par les mots, mais il m'a semblé intéressant de renouveler cette approche du vocabulaire. Cet article est donc parcellaire, en particulier il ne constitue pas une étude théologique des concepts portés par les mots analysés. Éventuellement je renvoie à d'autres articles du site.

Ainsi, avec les nouvelles traductions proposées ci-dessous, les Écritures utilisées lors des cultes, célébrations et prières personnelles, pourraient être plus proches de notre aujourd'hui et nous permettraient de nous étonner encore devant des textes rabâchés.

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- A -

Aimer

     
q#$fna (nachâq) filew (filéô) amare
bhf)a ('ahâv)  a)gapaw (agapaô) diligere

Voir au substantif Amour.

Âme

#$penE (nèfèch) yuxh (psuqe) anima

Dans la tradition grecque, l'âme est le support de l'immortalité de l'être humain, c'est aussi la partie de moi-même qui me permet d'approcher la sagesse, de philosopher. Dans la tradition hébraïque, l'âme est l'animation, ce qui permet la vie ; ce n'est pas ce qui permet la spiritualité. Souvent le nèfèch hébreu peut être traduit par un "être vivant" ou simplement par la vie.

Vous pouvez consulter la page complète portant sur Corps, Âme et Souffle, qui suis-je ?

Amour

Voici un des mots les plus piégés du vocabulaire chrétien francophone, taznt la langue française est pauvre pour parler des concepts sous-jacents à ce mot. Le grec permet de mieux faire la distinction.

  e)roj (éros)  

L'amour physique, la relation sexuelle ; dans la Grèce hellénistique aussi bien hétérosexuelle qu'homosexuelle, avec une prédilection pour cette dernière. Le français "faire l'amour" convient parfaitement, le verbe cru baiser est aussi approprié. Substantif et verbe sont absents de la Bible.

  filh (filê)  

Il s'agit d'un amour intellectuel pour l'art, les sciences comme en témoigne le substantif "philosophie" (amour de la sagesse), il s'applique aussi prosaïquement à "aimer la confiture sur la tartine du petit déjeuner". Une bonne traduction pourrait être pour le verbe apprécier, pour le substantif affection pour les idées, tendresse pour les êtres.

hbfha)a ('ahavâh)  a)gaph (agapê) caritas dilectio

Le mot grec est caractéristique de la bible grecque et désigne les relations que doivent (devraient) avoir les chrétiens, d'abord entre eux, mais aussi envers les autres humains et envers la divinité. Ce sont des relations d'une autre nature que celle entre époux ou même entre enfants et parents. Plutôt que le devenu trop fade "amitié", une bonne traduction du substantif pourrait hésiter entre fraternité (au sens de la trop oubliée devise de la République) ou solidarité. Pour le verbe, une périphrase comme avoir souci de ou prendre soin de pourrait souvent convenir.

Ange

K7)al;ma (male’akh) a)ggeloj (angelos) angelus

Pour beaucoup, un ange est un être hybride, un peu divin, car éternel, mais pas trop quand même, avec des ailes pour faire le va-et-vient entre les humains et le ciel divin.

La nature de ces êtres prête à discussion. On dit même que les théologiens chrétiens orientaux de Constantinople se demandaient si ces anges étaient mâles ou femelles pendant que les ennemis faisaient le siège de la ville.

La réalité des mots est plus simple. Le substantif grec angelos (présent dans 180 versets dans le Nouveau Testament, et 298 dans la LXX complète !) vient du verbe a)ggellw (angellô), lui-même dérivé d'un autre verbe a)gw (agô). Ce dernier verbe veut dire mener, conduire, ramener, tandis que le premier indique l'objet du mouvement, il s'agit d'apporter des nouvelles. Dans la même famille on trouve le substantif a)ggelia (angelia) qui est l'objet de ce verbe : un message ou une proclamation. Le substantif angelos désigne l'acteur de l'action : le porteur de nouvelles, le messager.

Il reste à déterminer quels sont ces messagers. S'il semble avéré que les juifs au tournant de l'ère commune, dont Jésus de Nazareth, croyaient que ces messagers étaient des êtres surnaturels, la bible hébraïque est plus ambiguë. Le male’akh (197 versets) semble relativement souvent désigner Dieu lui-même. Par exemple en Genèse 16,7-14 Le messager de Dieu parle à Hagar … Elle appela Dieu qui lui avait parlé ….

Il semble que les auteurs de la bible hésitaient à écrire que Dieu agissait personnellement ou s'adressait directement aux humains ; aussi utilisaient-ils le subterfuge d'en messager servant de prête-nom.

Apocalypse

  a)pokaluyij (apokalupsis) apocalypsis

Le français apocalypse n'est qu'un décalque du mot grec apokalupsis ; ce substantif grec vient du verbe a)pokaluptw (apokaluptô). Le préfixe a)po (apo) indique une séparation (loin de)  tandis que le verbe kaluptw (kaluptô) indique une action de couvrir d'un voile. Il s'agit donc d'enlever le voile qui cache quelque chose à dévoiler.

La bible hébraïque utilise près de 200 fois le verbe hlfgf (gâlâh) que la LXX traduit par ledit verbe grec apokaluptô ; le substantif correspondant n'est pas utilisé. Dans les lois du livre du Lévitique, il s'agit des cas d'interdiction de dénuder quelqu'un ou quelqu'une afin d'éviter de le ou la voir nu(e) ou d'avoir des relations sexuelles avec lui ou elle. Le verbe signifie alors soulever ou enlever un vêtement. Ailleurs le verbe indique qu'on donne une information cachée, souvent à propos d'un secret (par exemple Amos 3,7).

Une apocalypse n'est donc pas une catastrophe contrairement à ce que beaucoup pensent, il s'agit d'un dévoilement de choses cachées jusqu'alors. Pour les premiers chrétiens cette révélation des choses de Dieu dans les derniers temps s'accompagnera de bouleversements tels que beaucoup seront effrayés. Mais ces manifestations bizarres sont les conséquences du dévoilement, pas les causes.

À défaut d'un dévoilement, terme qu'il faudrait réserver aux jeunes filles et femmes (trop) attachées à des interprétations sexistes de l'Islam, une bonne traduction d'apocalypse est révélation.

Apôtre

xla#$f (châlah) a)postoloj (apostolos) apostolus

Le mot grec apostolos se trouve dans 80 versets du Nouveau Testament, dont seulement 9 fois dans les quatre évangiles dont Luc 6,13 où les apostoloi sont assimilés aux douze disciples choisis par Jésus. Ce mot n'est pas spécifique de la bible chrétienne puisqu'on a aussi 11 versets utilisant ce mot dans la LXX. On trouvera une étude technique assez complète sur l'utilisation de ce mot dans une étude de ce site sur les ministères aux temps apostoliques.

Le substantif apostolos est un mot commun (non spécifiquement chrétien). Il désigne l'objet du verbe a)postellw (apostellô) lui-même issu du préfixe a)po (apo) et du verbe stellw (stellô). Le préfixe apoindique une séparation, un éloignement ; le verbe racine a plusieurs significations dont "mettre, préparer, se déplacer". Ainsi le verbe apostellô indique envoyer, voire renvoyer ou congédier donc ordonner à quelqu'un de faire quelque chose au loin.

Le verbe hébreu correspondant châlah, employé 790 fois et a une signification proche du grec apostellô : principalement d'envoyer, parfois de chasser ou d'accompagner.

Un apostolos est donc un envoyé ou un ambassadeur. Dans le sens chrétien, c'est celui ou celle que Jésus ou Christ a envoyé en le chargeant d'une action, d'un message.

Ainsi Paul de Tarse a commencé sa vie comme châlah du Sanhédrin pour combattre les adeptes de la voie (les chrétiens), puis s'est dit apostolos de Christ pour la promouvoir.

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- B -

Baptême

  baptisma (baptisma) baptismum

Ici aussi, il ne s'agit pas d'abord d'un terme technique désignant le moment par lequel un(e) adulte ou les parents d'un enfant signifient son entrée dans la communauté chrétienne. Il s'agit simplement d'un terme profane indiquant la plongée d'un corps dans de l'eau.

Le substantif baptême ne désigne que le geste, mais il a englobé toute la cérémonie pendant laquelle un(e) adulte ou un(e) enfant était plongé(e) tout entier (et tout(e) nu(e)) dans l'eau vive ou dans un bassin. Ce mot a aussi absorbé la nouvelle relation entre Dieu et l'impétrant.

La bonne traduction à utiliser est immersion.

Baptiser

lba+f (tâval) baptizw (baptizô) baptizo

Le verbe correspondant au substantif baptême signifie tout à fait prosaïquement immerger.

Ce verbe doit être préféré à plonger, dont le grec correspondant est baptw (baptô). En effet ce second verbe indique une action de courte durée, tandis que le premier indique une action longue, voire définitive (comme quand un bateau sombre). Le baptême chrétien se veut être une immersion complète et définitive dans la vie de Christ.

Bethléem

Mxele tyb@' (bê(y)t lèhèm) bhqleem (Bethleem) Bethleem

Le mot hébreu désigne une ville importante de Judée, ce que montre le nombre d'occurrences de son nom (41 fois dans la bible hébraïque). Cette ville est située à une dizaine de kilomètres au Sud de Jérusalem, la capitale de la contrée. En hébreu, ce nom s'écrit en deux mots, reliés ou non par un trait d'union, ce qui indique son origine étymologique :

Cette ville est la maison du pain, il est possible qu'elle fut construite autour d'un four important, banal ou seigneurial, ou qu'elle reçut de nom parce qu'il y avait beaucoup de boulangers dans la ville. Plus probablement, cette ville était entourée de champs prospères et alimentait en pain le pays et sa capitale. Il semble que le village primitif se soit appelé Éfrata car on trouve l'expression Bethléem Éfrata (ou "Éfrata qui est devenu Bethléem") pour désigner ce hameau où fut enterrée Rachel (disent Genèse 35,19, Judith 17,7 et Michée 5,1) ; ce nom est resté pour nommer une des collines sur laquelle est bâtie la ville.

L'importance symbolique de la ville vient d'un de ces habitants qui devint le second roi du pays. L'attestation en est faite en 1 Samuel 16 1 Yâhôh dit à Samuel : "… Remplis ta corne d’huile, et va ; je t’enverrai chez Isaï (Jessé), habitant de Bethléem, car j’ai vu parmi ses huit fils celui que je désire pour roi" … 12 Et il (Jessé) envoya et le (le dernier fils) fit venir. Or il avait le teint rosé, avec de beaux yeux, et était beau de visage. Et Yâhôh dit : "Lève-toi, oins-le ; car c’est celui-là". 13 Et Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. Et l’Esprit de Yâhôh saisit David. Cette accession de David au trône, fait de la bourgade une ville royale.

Une petite prophétie de Michée, un auteur relativement secondaire, proclame (5,1-2) Yâhôh dit : "Et toi, Bethléem Éfrata, tu n'es qu'un petit village parmi ceux des clans de Juda. Pourtant, celui qui doit gouverner Israël, je le ferai sortir de chez toi. Il appartient à une famille très ancienne". Ce texte messianique restera inaperçu jusqu'à qu'il soit utilisé par les écrivains des évangiles pour situer le lieu de naissance de Jésus et justifier ainsi une filiation royale qui permette sa reconnaissance comme "oint", comme messie, comme christ.

Un article de ce site discute la signification de ces mots "christ", "messie", "oint".

Luc (chapitre 2) tisse ainsi l'histoire 4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, 5 … avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. 6 Pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait accoucher arriva, 7 et elle mit au monde son fils premier–né (Jésus).

Selon une opinion répandue, Jésus est né et a vécu à Nazareth en Galilée, il est souvent nommé Jésus de Nazareth dans les textes ; les premières traditions chrétiennes, dont le texte lucanien ci-dessus, ont trouvé un prétexte (le recensement romain) pour déplacer la famille de Jésus à Bethléem, y situer ses racines et ainsi rattacher Jésus à la prophétie de Michée et à une famille royale, celle de David. Ce récit serait donc apologétique. Néanmoins, le rattachement de Jésus à Nazareth peut aussi être de l'ordre du symbole.

Il convient de remarquer qu'il existe un autre lieu, un hameau cette fois, du nom de Bethléem, situé sur le territoire de la tribu de Zabulon (Josué 19,15), actuellement en Galilée, à une dizaine de kilomètres au Nord de Nazareth. Une origine de la famille de Jésus dans ce hameau est envisageable, laquelle famille aurait ensuite déménagé dans la ville voisine pour pouvoir exercer un métier d'artisan, par exemple charpentier, qui y aurait trouvé du travail plus facilement que dans un bled paumé comme ce Nazareth.

Le mot grec est cité 8 fois et n'a pas de signification particulière, c'est une translitération du mot hébreu.

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- C -

Cène

gb@a-tp@a (pat-bag) deipnon (deipnon) cena

Le mot français cène est utilisé dans un sens religieux principalement par les protestants, il découle du latin cena, lequel traduit le grec deipnon. Ce mot commun se trouve 16 fois dans le Nouveau Testament et indique un repas. Le verbe dont il dérive est trouvé 4 fois dans un sens comparable de manger.

Le plus souvent, le mot désigne un festin, comme celui offert par le roi Hérode en Marc 6,21. Jean utilise ce mot en 13,2 pour raconter le dernier repas de Jésus avec ses disciples. , tandis que Paul (Co 11,20.21) l'emploi quand l'église fait mémoire du repas du Seigneur.

Pour traduire ce deipnon, le mot repas est insuffisant, et le mot festin permet de mieux mettre en évidence le coté inhabituel et important que devraient avoir nos cultes dominicaux.

La LXX renforce l'importance de ce repas quand elle utilise le grec deipnon pour traduire l'araméen pat-bag, de la bible hébraïque, qui est associé aux rois pour dire un repas de fête.

Christ

xay#imf (mâchiyah) xristoj (qristos) christus

Le mot français christ n'est que le décalque du mot grec qristos, lui-même traduction du mot hébreu messie. Le mot français est un mot technique, c'est-à-dire qu'il n'a aucun sens en dehors du contexte chrétien, alors que les mots hébreux et grecs sont des mots communs, du vocabulaire standard, presque de tous les jours.

La bonne traduction en français littéraire serait oint, mais ce terme n'est plus compris que des initiés. On pourrait dire huileux, ce serait juste du point de vue vocabulaire, mais assez péjoratif et n'apporterait pas la signification réelle des mots grecs et hébreux. Le mot neutre le plus proche de la signification de christ, sinon de son étymologie est consacré.

Cette entrée est développée dans une page spéciale consacrée aux noms de dieu.

Ciel

Myima#$f (châmayim) ou)ranoj (ouranos) caelum

Pour tous les anciens, les hébreux, les grecs comme les latins, le ciel était le lieu de la demeure des dieux, en particulier de Dieu. Le ciel était un endroit aussi concret que la terre.

Il y a longtemps que nous ne croyons plus que Dieu réside dans un endroit précis, il n'est même pas particulièrement dans nos temples ! Peut-être peut-on employer une périphrase là où est Dieu qui ne précise pas s'il s'agit d'un lieu précis ou symbolique.

Corps

r#&fb@f (bâshâr) swma (sôma) corpus

Dans la tradition grecque, le corps est ce qui nous rattache au monde matériel par opposition au monde de l'esprit, de la sagesse ; la connotation est plutôt négative. Dans la tradition hébraïque, le corps est ce qui matérialise un objet, un végétal, un animal ou un être humain ; le mot reflète une évidence, nous avons un corps, et n'est associé à aucun sens négatif.

Pour rester neutre, il faudrait parfois traduire par "enveloppe corporelle" ou par forme.

Vous pouvez consulter la page complète portant sur Corps, Âme et Souffle, qui suis-je ?

Culte

hdfwob(j ("âvôdâh) leitourgia (leitourgia)
latreia (latreia)
obsequium

Dans le contexte protestant, un mot assez juste est prière commune (ou liturgie). Veuillez consulter la page sur des confusions de vocabulaire, plus précise sur ce mot.

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- D -

Diable

rr'co (tsorêr) diaboloj (diabolos) diabolus

Pour beaucoup un diable est une sorte d'anti-ange, un être hybride, presque divin, qui serait aussi méchant qu'un ange serait gentil. Plutôt que spéculer sur ce genre de concept, il vaut mieux étudier l'origine du mot.

Ce mot diabolos vient du verbe diaballw (diaballô), lui-même formé du préfixe dia (dia) et du verbe ballw (ballô). Le préfixe indique un passage dans l'espace (il signifie alors au travers) ou dans le temps (pendant). Le verbe racine ballô veut dire jeter.

Au sens littéral le verbe diaballô veut dire jeter au travers ; ici il ne s'agit pas de jeter des objets, mais des mots. Et on sait que jeter des mots à la figure de son adversaire peut faire très mal. Dans le sens figuré utilisé habituellement dans la Bible, il signifie "diffamer, calomnier, accuser, dénoncer". Ainsi le diabolos est l'accusateur, le calomniateur.

A contrario, l'antonyme du diabolos permet d'en apprécier le sens : le symbole ; ce mot indique ce qui fait le lien. Au contraire le diabolos est le diviseur, mot qui me semble le meilleur à utiliser dans les traductions.

Le diable figure ce qui apporte la division entre les humains, entre l'humain et le divin et à l'intérieur de soi. Cette tentation permanente à la division a été personnifiée pour la rendre moins angoissante. Ce diviseur est en opposition radicale avec Dieu qui lui est le UN le facteur de l'unité.

L'hébreu tsorêr signifie oppresseur, adversaire, persécuteur, selon le contexte.

Voir aussi le mot connexe satan.

Dieu

Myihlo)v ('èlohyim) qeoj (théos) deus

Le Petit Robert propose comme définition, entre autres, principe d'explication de l'existence et du fonctionnement (NDLR) du monde, conçu comme un être personnel, selon des modalités particulières aux croyances et religions. Ceci n'implique, ni n'interdit, ni l'unicité, ni la pluralité de dieu(x), comme le mot hébreu lui-même laisse ouverte la question.

Même si on utilise ce mot avec une majuscule, comme un nom propre, il s'agit d'un nom commun applicable à tous les dieux de toutes les religions.

Le mot hébreu 'èlohyim se termine par Myi (yim) qui est la marque du pluriel comme de "s" ou le "x" en français ; la traduction littérale serait dieux. Mais quand il s'agit du dieu d'Israël, le verbe dont 'èlohyim est sujet est toujours au singulier : dieux parle, dieux fait et non pas "(les) dieux parlent, (les) dieux font".

Dans le langage courant pour désigner le dieu des chrétiens sans utiliser son nom propre, je n'aime pas utiliser seul le nom commun dieu. Faute de mieux j'emploie parfois la divinité qui est lui aussi un nom commun, mais a le désavantage d'être plus abstrait, ou la déité qui attire l'oreille par son coté inhabituel.

Cette entrée est développée dans une page spéciale consacrée aux noms de dieu.

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- E -

Église

lhaq@f (qâhal) e)kklhsia (ékklèsia) ecclesia

Une bonne traduction est assemblée. Veuillez consulter la page sur des confusions de vocabulaire, plus précise sur ce mot.

Enfer(s)

lwo)#$: (che'ôl)
l)o#$: (che'ol)
a(dhj (hadès)
qanatoj (thanatos)
geenna (guéénna)
infernus

Pour la plupart des gens, l'enfer (ou les enfers) est (sont) le lieu de séjour des damnés, ces morts qui n'ont pas été reçus au paradis parce qu'ils ont été trop méchants. Ce serait un lieu de punition, de tortures par le feu.

Le mot che'ol, toujours au singulier et sans article défini, se trouve 65 fois dans la bible hébraïque et est traduit en français de diverses manières :

Les traducteurs ne semblent donc pas apprécier le mot enfer pour traduire le mot hébreu che'ol car la connotation de punition attachée à "enfer" n'existe pas dans l'hébreu. En effet, dans le judaïsme classique des livres de la Première Alliance, le che'ol est un "lieu" neutre où vont les humains après la mort.

C'est un lieu, car la pensée hébraïque n'est pas une pensée abstraite, il faut donc parler d'un lieu après la mort comme il existe un lieu (la terre) avant la mort. Il est pour les humains, tous les humains, il n'y a aucune sélection parmi les morts, certain(e)s y allant, d'autres allant ailleurs ; l'enfer n'est pas pour les pécheurs et pécheresses, mais pour tous et toutes. C'est un lieu commun où il ne se passe rien, ni bonheur ni malheur, ni plaisir ni peine, un simple lieu de stockage sans fin.

Par convention ce lieu est à l'opposé de celui de la divinité ; comme ce dernier est au ciel au dessus de la surface de la terre, le che'ol est en dessous du sol, c'est un monde souterrain. Par exemple Nombre 16,33 Ils descendirent vivants dans le lieu des morts, eux et tout ce qui leur appartenait; la terre les recouvrit, et ils disparurent du milieu de l'assemblée.

C'est un lieu dont on ne revient pas  Job 7,9 “Comme la nuée se dissipe et s'en va, Celui qui descend au lieu des morts ne remontera pas.

La traduction séjour des morts reflète le concept hébreu d'un lieu pour les morts, mais il me semble trop positif ; en effet un "lieu de séjour" est un lieu de vacances et le "séjour" d'une maison est une pièce agréable à vivre (ce qui serait un comble pour les morts). Le "monde des morts" me semble trop organisé car le mot "monde" sous entend une cohérence qu'il n'y a pas au che'ol.

Un lieu des morts me semble suffisamment neutre et vague pour indiquer cet espace temps dont on ne sait rien et dont on ne saura rien avant d'y aller soi-même.

Cette absence de toute information sur le che'ol est indiquée dans le mot lui-même. En effet le mot hébreu l)o#$: vient du verbe l)a#$f (châ'al) qui signifie "demander", "interroger", "s'interroger". Non pas qu'il s'agisse d'un lieu où on se pose des questions, mais parce ce qu'on se posera toujours plein de questions sur cet après la mort. Dans cette idée, on pourrait appeler ce lieu énigmatoire par euphonie avec le mot purgatoire qui n'existe pas.

Le mot grec a(dhj (hadès) est utilisé par la Septante et correspond strictement à l'hébreu che'ol. C'est le lieu souterrain des morts où l'on va sans possibilité de retour, mot indiqué dans la mythologie grecque dans le même sens.

Ce mot vient du préfixe a (a) privatif et du verbe e(idw (eidô) qui signifie "voir", parfois "savoir". C'est donc un lieu noir qui ne permet ni de voir, ni d'être vu. Le grec "lieu sans possibilité de savoir" complète l'hébreu "lieu d'interrogation". Le mystère reste entier.

Bien sûr, dans la pensée israélite intertestamentaire, l'apparition de la notion de résurrection va changer la conception de ce lieu.

Dans le Nouveau Testament, on ne trouve que 11 fois le mot hadès dont seul Christ a été sorti selon Actes 2,31 c’est la résurrection du Christ qu'il (le prophète) a prévue et annoncée, en disant qu'il ne serait pas abandonné dans le séjour des morts et que sa chair ne verrait pas la corruption.

Par ailleurs certaines bibles francophones utilisent le mot "enfer" pour traduire les 11 occurrences du mot grec geenna (guéénna). Contrairement à l'enfer, endroit neutre, cette guéénna est un lieu destiné aux méchants : Matthieu 5,22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère est passible de jugement ; que celui qui dira à son frère "Raca !" mérite d'être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira "Insensé !" mérite d'être puni par le feu de la géhenne.

Ce mot guéénna est la translittération d'un mot composé hébreu, formé de deux mots, l'un )yg%a (gay') signifie vallée, l'autre est un nom propre Mn%ohi Hinnom apparenté au mot lamentation (11 occurrences dont Néhémie 11,30). La vallée de Hinnom, parfois vallée des fils de Hinnom était une vallée jouxtant Jérusalem qui servait de dépotoir où brûlaient en permanence les ordures de la ville.

Esprit

xaw%r (rouah) pneuma (pneuma) spiritus

La mot esprit, par exemple dans l'expression Saint-Esprit, ou mieux Esprit Saint, est issu du latin spiritus. Ce mot est souvent utilisé par Jérome dans la Vulgate pour traduire le grec pneuma et l'hébreu rouah. Parfois il s'agit de l'action naturelle d'un vent qui parcourt la terre et la mer.

Quand ce mot est rapportée à Dieu, il ne s'agit pas de dire que Dieu a de l'esprit, de l'humour, ni qu'il est saoul, rempli de l'esprit de vin, mais qu'il agit de manière invisible par son souffle à l'œuvre.

Vous pouvez consulter la page complète portant sur Corps, Âme et Souffle, qui suis-je ?

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- F -

Pat de mot répertorié commençant par cette lettre

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- G -

Grâce

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- H -

Hébreu

yrb@;(i ("iberî) e)braiov (ebraios) hebraeus

Voir le mot Israélite.

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- I -

Israélien

Voir le mot Israélite.

Israélite

tyli)'r:#&;yI (yishere'êlît) i0srahlithv (israêlitês) israhelitis

Plusieurs mots se rapportent à la communauté juive et sont, à tort, régulièrement employés comme synonymes alors qu'ils désignent des concepts nettement différenciés. La plupart font ces erreurs par manque de connaissance, mais beaucoup, y compris dans la communauté juive, jouent sur les ambiguïtés pour attirer à eux adeptes et sympathie.

Hébreu
Membre d'un groupe de tribus sémites qui se forme en terre de Canaan ; ce mot est utilisé dans la bible pour ceux qui sont esclaves en Égypte, en sortent sous la conduite de Moïse et forme un, puis deux royaumes (Israël au Nord, Juda au Sud) ; le mot disparaît avec la fin de ces deux royaumes et la chute de Jérusalem, capitale du Sud, en 587 avant l'ère commune.
Israélien
Citoyen de l'état moderne nommé "Israël" ; il existe des israéliens juifs, d'autres arabes et aussi quelques druzes ; il y a des citoyens de religion israélite, des musulmans, des chrétiens et de plus en plus d'athées.
Israélite
Adepte de la religion israélite ; en France l'organisme chapeautant la confession orthodoxe de la religion est le Consistoire Israélite de France.
Juif
Membre de la tribu de Juda (une des douze tribus hébreux de l'Exode), vivant à l'origine dans la province de Judée (qui correspond à peu près à l'ancien royaume du Sud ; terme utilisé dans la bible à partir du retour de Babylone (539 avant l'ère commune). C'est donc un terme strictement ethnique et il est erroné de parler de religion juive, sinon à penser que la religion est imposée par une filiation et ne résulte pas d'un choix personnel. Le concept d'ethnie juive est étendu ici à celui d'une culture juive commune à deux groupes différenciés,
Sémite
Ensemble de peuples, à l'origine semi-nomades vivant entre la Méditerranée et l'Océan Indien ; les deux sous-groupes principaux sont les arabes et les hébreux (devenus au fil des siècles les juifs), arabes et juifs sont donc cousins du point de vue origine ethnique, écriture (parmi les rares s'écrivant de droite à gauche), langue (aussi proche l'une de l'autre que l'italien et le portugais)  dire que "les arabes sont anti-sémites" est strictement un non sens, comme dire que "les italiens sont anti-européens", on ne peut pas être contre le groupe auquel on appartient.
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- J -

Juif

ydIw%hy: (yehoûdî) i0oudaiov (ioudaios) Iudaeus

Voir le mot Israélite.

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- K -

Pat de mot répertorié commençant par cette lettre

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- L -

LXX

Ces trois lettres LXX sont en fait des chiffres latins qui se lisent soixante-dix, ou plutôt en français correct Septante.

On désigne sous ce nom une traduction israélite en grec de la bible hébraïque effectuée au second siècle avant l'ère commune. La légende raconte que cette traduction fut faible simultanément et séparément par soixante-dix sages à Alexandrie qui arrivèrent tous à un même texte ! Cette traduction était la base de la lecture de la bible dans les synagogues de la diaspora.

Aux premiers siècles de l'ère chrétienne, la LXX a été utilisée massivement par l'Église, ce qui a amené la communauté israélite à refaire d'autres traductions grecques pour se démarquer.

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- M -

Marie

Myfr:mi (mirayâm) maria (maria)
mariam (mariam)
maria

C'est le prénom de la sœur de Aaron, d'autre femmes de la bile ; c'est aussi celui de la mère de Jésus, et de plusieurs disciples dont parlent les évangiles. Son étymologie signifie la rebelle ou l'obstinée, on est loin de la femme mièvre décrite dans l'imagerie populaire sulpicienne. Dans certains traditions chrétiennes, Marie, mère de Jésus est dite vierge.

Messe

    missa

Malgré la proximité de son en français, ce mot n'a rien à voir avec le mot messie ci-après.

Dans le contexte catholique, un mot assez juste serait culte. Veuillez consulter la page sur des confusions de vocabulaire, plus précise sur ce mot.

Messie

xay#imf (mâchiyah) xristoj (qristos) christus

Ce mot technique français est un décalque approché de l'hébreu mâchiyah qui a été traduit ultérieurement en grec par le qristos expliqué plus haut..

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- N -

Nazareth

  nazareq (nazareth)
nazaret (nazaret)
nazara (nazara)
nazareth

Le nom du village de Nazareth est indiqué 12 fois dans la bible chrétienne ; sa petitesse, à l'époque, est attestée par Nathanaël, un israélite juste, appelé par Jésus (selon Jean 1,46) Nathanaël lui dit : "Peut-il venir de Nazareth, sous-entendu "de ce bled", quelque chose de bon ?"

On lit ce nom sous trois orthographes différentes, trois manières de le translittérer en grec  cette diversité prouve qu'il s'agit d'un nom hébreu et non pas du nom d'un village grec (comme il y en avait en Galilée), car sinon l'orthographe serait unique. Pourtant on n'en trouve aucune trace dans la bible hébraïque, ni en tant que nom de village, ni en tant que nom d'habitants. De plus, plusieurs sens étymologiques sont possibles pour le nom de la bourgade à partir de sa racine consonantique qui semble être N Z R, mais comme le z grec se prononce plutôt dz, et correspond à la lettre hébraïque c nous sommes conduit à utiliser la racine N TS R, r c n, et non pas N Z R :

Nazaréen, Nazoréen

  nazarhnov (nazarênos) Nazarenus
  nazwraiov (nazôraios) Nazareus

Le nom des habitants de Nazareth est naturellement "les nazaréens" (nazarênos) qu'on trouve 4 fois dans les évangiles synoptiques pour qualifier Jésus. Par exemple en Marc 1 23 Il se trouvait justement dans leur synagogue un humain dans un esprit impur, qui s’écria : 24 Pourquoi te mêles–tu de nos affaires, Jésus le Nazaréen ?". Il est utilisé par des adversaires.

Mais ce qualificatif de "nazaréen" n'est pas le plus fréquent, puisqu'on trouve 15 fois l'adjectif proche mais non semblable de "nazôréen", par exemple en Matthieu 2,23 : Joseph (le père de Jésus) vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplisse ce qui avait été dit par l’entremise des prophètes : Il Jésus sera appelé nazôréen". Pourtant on cherche en vain quelque citation de la bible hébraïque qui parle d'un "nazôréen" ou même d'un "nazaréen" puisque ces adjectifs n'existent pas en hébreu biblique.

Des exégètes particulièrement attentifs, ou imaginatifs, ont proposé le rapprochement avec une prophétie de Esaïe (en 11,1) Alors un rameau sortira du tronc de Jessé, le père de David, qui habitait Bethléem un rejeton (nêtsèr) de ses racines sera fécond. Le rapprochement euphonique est limite, mais on en voit d'autres dans le tissage des livres de la Seconde Alliance sur ceux de la Première. Cette hypothèse recoupe la seconde origine du nom de Nazareth, exposée ci-dessus.

Cet adjectif "nazôréen" se trouve aussi 6 fois dans les Actes des apôtres quand ils nous racontent les premières proclamations de Pierre, d'Étienne et de Paul. C'est sous cet adjectif que sont connus les premiers chrétiens comme l'indique Actes 24,5 En effet, nous le grand prêtre Ananias, quelques anciens avons constaté que cet homme, Paul, est une peste ; il provoque des disputes parmi tous les Juifs, sur toute la terre habitée ; c’est un dirigeant du parti des nazoréens. Vu la taille de Nazareth, il est peu probable qu'il s'agisse d'indiquer au gouverneur romain le nom du petit village perdu, origine du "fondateur" de la "secte".

Certains pensent faire remonter ce nazôréen à un autre racine hébraïque r z n, N Z R, au lieu de la racine r c n, N TS R, examinée ci-dessus à propos du village de Nazareth. Cela part du fait que le z (z) hébreu peut être translittéré par le z (z) grec, prononcé dz, (alors que l'inverse ne semble pas vrai). Ceci ouvre une autre possibilité de sens.

Le verbe hébreu correspondant à cette racine est rzAnF (nâzar) qui, suivant le mode, signifie séparer (10 occurrences), ou consacrer : séparer au profit de la divinité. L'acteur de cette consécration est un nazir, en hébreu : ryzinF (nâzi(y)r) ou rzinF (nâzir), 16 occurrences. Il semble qu'il y ait eu deux sortes de nazirs, ceux consacrés à Dieu dès (avant) la naissance comme Sanson (Juges 13,6-24), et celles et ceux qui s'engagent volontairement dans le nazirat pour une période limitée qu'il ou elle a fixée au préalable.

Le livre du Deutéronome (chapitre 6,1-21) précise la loi applicable aux nazirs  1 Yâhôh dit à Moïse : "… 2 … Lorsqu’un homme ou une femme s’acquitte d’un vœu de nazir par lequel il s’est mis à part pour Yâhôh, 3 il s’abstiendra de vin et de boissons alcoolisées … il ne mangera ni raisins frais ni raisins secs. … 5 … le rasoir ne passera pas sur sa tête ; … 6 Pendant tous les jours qu’il a mis à part pour Yâhôh, il ne s’approchera pas d’un mort".

La question est alors de savoir si Jésus était un nazir volontaire. Même si aucune description ne nous dit s'il avait les cheveux longs (et des chemises à fleurs), cette hypothèse ne semble pas probable, car on lui reproche de passer son temps à table avec ses disciples, on dit même qu'il a transformé de l'eau en ce vin interdit, et il s'approche parfois de morts, certes pour les remettre en vie. Cela l'éloigne des conditions de vie du nazir.

Par contre le sens large de mis à part convient bien à cet homme jugé extraordinaire par ses contemporains, disciples et ennemis. Aussi le qualificatif nazôréen donné à Jésus pourrait ne pas signifier son origine géographique, mais une orientation théologique. La mention de Nazareth pourrait être aussi symbolique que celle de Bethléem.

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- O -

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- P -

Parabole

l#$am; (meshal) parabolh (parabolè) parabola

à rédiger

Paradis

Ng%A (ggan)
sd@"r;p@a (pareddês)
paradeisoj (paradeisos) paradisus

Les traductions françaises sont assez pauvres en paradis, selon les textes de 0 à 5 occurrences, pas toujours les mêmes, soit en tout seulement 7 versets ! Mais pour un d'eux la mention du "paradis" n'est qu'un artifice de traduction pour le "ciel" ; reste 6 versets. On est loin des 65 occurrences du che'ol ou même des 33 utilisations du mot enfer dans les traductions françaises.

L'analyse du vocabulaire de ces versets montre que :

Le ggan désigne un jardin et apparaît 42 fois dans la Bible hébraïque. Le mot vient du verbe NnAgF (gânan) qui signifie "protéger". Il s'agit d'un jardin protégé, sans doute enclos.

L'autre "jardin", le sd@"r;p@a pareddês est d'origine perse et les trois versets l'utilisant n'ont rien de particulier. Sauf sa transposition en grec par le paradeisoj paradeisos.

On lit en Luc 23,43 Il (Jésus) lui (l'autre crucifié) répondit : "Amen, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le pareddês.". C'est sur ce seul verset que certains basent leur croyance sur un paradis céleste après la mort.

Le dernier jardin est en Apocalypse 2,7b Au vainqueur, je donnerai de manger de l'arbre de la vie qui est dans le pareddês de Dieu. Il ne s'agit pas de promettre le paradis, mais de l'arbre de vie situé dans le jardin des premiers chapitres de la Bible.

La boucle semble ainsi bouclée, on est parti du jardin initial de la création et on termine sur le jardin du paradis de la fin. Sauf que &helipp;, sauf que ce jardin est au début de l'Apocalypse, pas à sa fin. La révélation se termine non pas sur le jardin, mais sur la ville, dans la Jérusalem céleste. La Bible commence par la "réalité" du jardin initial et se termine par la "Ville".

Si il y a un "autre part" à la fin (après la mort), il n'est pas dans un "paradis", un jardin, dans la nature image du début, il est dans une "Jérusalem", une ville, dans la culture mise en œuvre par l'humanité.

Pasteur

h(aro (ro"êh) poimhn (poimèn) pastor

En général une traduction par berger est précise en restant neutre. Dans le contexte protestant, on pourrait choisir entre théologien, liturge, prédicateur, mais le service demandé est l'ensemble de toutes ces tâches. Veuillez consulter la page sur des confusions de vocabulaire, plus précise sur ce mot.

Pendant que vous êtes sur ce sujet, allez-donc consulter le site consacré aux pasteur(e)s de l'Église Réformée de France.

Prêtre

Nh'k@o (kohên) i)ereuj (hiérus) sacerdotos

Veuillez consulter la page sur des confusions de vocabulaire, plus précise sur ce mot. En général, mais même en théologie catholique, une traduction neutre et technique pourrait être sacrificateur pour éviter d'utiliser le mot "prêtre" dont l'origine est aux antipodes de son utilisation actuelle.

Prophète

)ybinF (nâviy') profhthj (profètès) propheta

Le substantif hébreu, 316 occurrences, est lié au verbe )banf (nâva'), 116 occurrences dans la bible hébraïque ; mais il dériverait à un verbe nâvi absent de la bible mais qui a le sens de "parler, appeler, prononcer, murmure". Un nâviy' est donc quelqu'un ou quelqu'une qui parle.

Le substantif grec profètès, 149 occurrences, vient du préfixe pro (pro) et du verbe fhmi (fêmi). Le préfixe pro signifie soit avant (temporellement), soit devant (physiquement). Le verbe fêmi signifie "dire, répondre, répliquer, prétendre". Comme en hébreu le profètès grec est quelqu'un ou quelqu'une qui parle, mais avec la précision de parler devant, mais devant quoi ou qui ?

L'expression "parler devant quelqu'un" ne se dit pas quand on lui parle face à face, la préposition grecque employée serait toute autre. Au contraire, ici celui qui parle se tient devant quelqu'un d'autre, une personne importante ; il dit tout haut ce que le prince, le roi lui dit personnellement. Le prophète est celui, ou celle, qui parle, qui nous parle, placé devant celui qui lui souffle la parole. Il est le ou elle est la porte-parole de la divinité.

Ce porte-parole me semble un bon terme pour traduire le profètês grec et la nâviy' hébreu.

Prophétie

h)w%b@n: (nebouah) profhteia (profètéia) prophetia

La prophétie est naturellement ce que fait le prophète ou la prophétesse, ou plus exactement ce qu'il dit puisque nous venons de montrer que le prophète est un porte-parole.

Dans la pensée commune la prophétie est une parole, une prédiction sur l'avenir. Ce mot semble approprié puisque dans le mot prédiction il y a le verbe dire, verbe qui correspond parfaitement au prophète.

Cependant les paroles sur l'avenir ne forment pas l'essentiel de l'activité du prophète. Quand, par exemple, le porte-parole Amos en 8,6-8 écrit Vous dites : … "Nous falsifierons les balances pour tromper, puis nous achèterons … le pauvre pour une paire de souliers …". Le pays, à cause d'eux, ne sera-t-il pas ébranlé, Et tous ses habitants ne seront-ils pas dans le deuil ?, il ne s'agit pas de deviner le futur, mais de regarder le présent et d'en déduire une suite inéluctable.

L'activité de prophétie n'est pas de deviner l'avenir comme le fait un devin, ni de le voir dans une boule de cristal, ni de le prédire comme le fait Madame Soleil. Il s'agit de prévoir les conséquences de l'agir (souvent mauvais, parfois bon) des humains dans le cadre de la logique divine. La prophétie est alors une prévision pas une prédiction.

On peut remarquer le hiatus étymologique entre :

Enfin le prophète ne fait pas que parler, il agit dans le monde en témoignage de la manière dont divinité voit le monde des humains. On peut par exemple citer le prophète Osée en 1,2 La première fois que YÂHÔH adressa la parole à Osée, YÂHÔH dit à Osée : "Va, prends une femme prostituée et des enfants de prostitution; car le pays se prostitue, il abandonne YÂHÔH !".

Ainsi par analogie avec le mot porte-parole retenu ci-dessus, je propose de retenir le terme parole portée pour parler d'une prophétie.

- Q -

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- R -

Royaume de Dieu, royaume des cieux

xkelem;ma (mamelêkêh) basileia tou qeou (basileia tou theou)
basileia twn ouranwn (basileia tôn ouranôn)
regnum dei
regnum caelorum

Ni l'expression "royaume de Dieu", ni "royaume des cieux" ne se trouvent dans les livres hébraïques de la Première Alliance. On trouve seulement une fois l'expression "royaume de Dieu" dans le livre apocryphe de la Sagesse en 10,10 Un jour, un juste dut s'enfuir pour échapper à la colère de son frère ; la Sagesse le conduisit sur le bon chemin ; elle lui montra le Royaume de Dieu et lui fit connaître les choses saintes. Dans ce libre la Sagesse est la personnalisation d'un attribut de Dieu.

On trouve par contre dans les livres grecs de la Nouvelle Alliance 32 occurrences de "royaume des cieux" (uniquement dans Matthieu, toujours au pluriel, jamais au singulier), et 68 occurrences de "royaume de Dieu". La fréquence élevée de ces emplois laisse penser qu'il s'agit d'un des sujets principaux de préoccupation de Jésus de Nazareth. Par exemple en Matthieu 4,17 Dès lors Jésus commença à prêcher et à dire, Repentez-vous, car le royaume des cieux s'est approché.

On peut globalement considérer que ces deux expressions sont équivalentes car les juifs pieux utilisaient souvent l'expression "cieux", lieu théorique de séjour de la Divinité, pour éviter d'employer le nom propre de Dieu, même son nom commun.

L'expression "royaume de Dieu / des cieux" n'est jamais vraiment définie, Jésus utilise surtout des paraboles ou des comparaisons, par exemple en Marc 4,30-31 : Il disait : "A quoi allons-nous comparer le Royaume de Dieu, ou par quelle parabole allons-nous le représenter ? C’est comme une graine de moutarde …".

Ainsi Dieu serait entouré d'un royaume, en grec basileia basileia, en hébreu xkelem;ma mamelèkèh. Mais un royaume est un pays, un espace délimité par des frontières. Parler de royaume de Dieu, c'est affirmer directement qu'il y a un dedans, le royaume, et le dehors, ailleurs ; c'est dire qu'il y a des gens dedans, les gens biens, et des gens dehors, les étrangers, les autres, les mauvais. L'expression insiste sur la différence et sur l'exclusion, elle ne suppose pas l'invitation permanente que je crois apportée par Jésus de Nazareth à le rejoindre, à rejoindre ceux et celles qui marchent droits avec lui.

Mais ce mot basileia basileia signifie aussi le règne. On déplace ainsi le sens de la traduction de l'espace fermé du royaume au temps où règne le suzerain. Le règne de Dieu indique le mode de gouvernement de Dieu. Il y a quelques temps je parlais de gouvernance de Dieu en voulant insister sur le mode de rapport entre Dieu et les humains institué par Jésus de Nazareth, lui qui reconnaissait son Dieu comme son Père. La gouvernance n'insiste pas sur un espace refermé sur lui, mais sur l'ouverture de Dieu vers la création et vers celles et ceux qui y habitent. Mais l'utilisation récente du mot "gouvernance" par un premier ministre français que j'apprécie peu, m'incite à ne plus utiliser ce mot.

De plus parler de royaume ou de règne implique de parler du roi. Notre dieu serait un roi, en grec basileuj basileus, en hébreu K@leme mèlèk. Or dans une France républicaine, évoquer le "roi" rappelle la monarchie absolue, voire l'absolutisme de Louis XIV, ce roi qui en abolissant l'édit de Nantes a voulu faire disparaître de son royaume les protestants et leur vision renouvelée d'un christianisme apportant la liberté. Parler de la divinité en utilisant le mot roi, c'est mettre en exergue la servilité et la soumission contre un idéal de liberté et d'adhésion libre à la foi que me suggère Jésus, homme qui s'est montré libre face aux pouvoirs du roi, des militaires occupants et des prêtres. Je ne peux pas imaginer un au-delà avec le mot de royaume, en terme d'oppression.

Il me semble que Jésus indique par ces mots "royaume de Dieu" un espace-temps ouvert par l'irruption de la Transcendance dans la vie des humains. Même si ce temps s'épanouira dans un au-delà des temps après la mort du monde, il est déjà ouvert ici et maintenant quand les humains vivent entre eux et avec la Divinité les nouveaux rapports qu'a inauguré Jésus de Nazareth.

Aussi, je propose de traduire l'expression basileia tou theou par les temps de Dieu, qui me semble n'enfermer notre dieu ni dans un espace excluant l'étranger, ni dans un rôle royal oppressif et qui laisse ouverte la question du présent ou du futur de ces temps.

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- S -

Saint

#$wOdqf (qâdôch)) a(gioj (hagios) sanctus

L'adjectif saint ne désigne pas dans la bible quelqu'un qui aurait (eu) une vie exemplaire. Il s'agit d'utiliser un adjectif apparemment neutre pour éviter d'utiliser le mot "dieu" et encore plus son nom propre. Est saint ce qui se rapporte à Dieu, ce qui vient de Dieu, ce qui y va. Comme les protestants, eux, ne se prennent pas pour Dieu ils le désignent aucun humain de cet adjectif, eût-il été un maître exemplaire comme Martin Luther.

Tous les humains sont appelés à rejoindre Dieu dans sa sainteté, selon ce qu'indique le Lévitique en 11,44 : Je suis YHWH, votre Dieu ; vous deviendrez saints, vous serez saints, car je suis saint.

L'expression répétée trois fois "Saint, saint, saint" ou "Dieu trois fois saint" est une manière sémitique de créer un superlatif. Il s'agit alors du "saint le plus saint" et du "dieu le plus parfait des dieux".

Il n'y a pas de lieu saint, ni de terre sainte car la divinité ne réside pas dans un lieu particulier mais en chaque homme et chaque femme qui écoute sa parole et la met en pratique. Il y a seulement des lieux plus particulièrement chargés d'histoires humaines, plus marqués par des croyants et croyantes qui y ont cherché à dire Dieu, comme Jérusalem ou >Hébron.

Salut

x(aw%#$y: (yechou"ah) swthria (sôtêria) salus

Pour le contemporain, salut n'est plus qu'une interjection : Salut ! Bonjour ! Quand la Bible, et surtout les Églises chrétiennes parlent-elles de salut, veulent-elles simplement nous dire bonjour ?

Le protestantisme a affirmé que le salut est donné gratuitement par Dieu, directement sans que l'Église ait un quelconque rôle dans ce don et sa distribution. Cela a été un point majeur de la rupture avec le catholicisme, … mais cela ne dit pas ce que c'est.

Le substantif grec est utilisé 43 fois, dont seulement 4 occurrences dans l'évangile de Luc et une dans celui attribué à Jean : ce ne semble donc pas une préoccupation directe de Jésus, mais un développement ultérieur de ses disciples.

Le salut semble être à venir : Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres : revêtons pour cuirasse la foi et l'amour, et pour casque l'espérance du salut (1 Thessalonissiens 5,8).

Le sens de ce mot dans le grec classique est clairement associé à un danger auquel on échappe ou à une contrainte qui est levée. Ce sens est le premier dans la première alliance (Joab) dit (à son frère) : Si les Araméens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours ; et si les Ammonites sont plus forts que toi, j'irai te secourir (2 Samuel 10,11).

Ce mot est souvent plus abstrait dans les livres de la Nouvelle Alliance, mais le sens premier est parfois explicite : C'est par la foi que Noé, divinement averti de ce qu'on ne voyait pas encore et animé par sa piété, bâtit une arche pour le salut de sa maison (Hébreux 11,7). À Venise se dresse face à la Place Saint Marc l'hôpital "de la Salute" ; il ne s'agit pas d'un établissement dispensant un salut divin, mais permettant la guérison en sauvant de la maladie.

Le sens principal du salut est une délivrance. Reste à comprendre de quoi nous serions délivré par la foi chrétienne.

Satan

N+f#&f (shâthân) satan (satan) 
satanaj (satanas)
satan

Le mot hébreu N+f#&f shâthân, 27 occurrences dans la bible hébraïque, est d'abord un nom commun alors qu'on croit souvent que c'est le nom propre d'un anti-Dieu. Il signifie communément un adversaire, comme en 1 Samuel 29,4 : Renvoie cet homme, et qu'il retourne au lieu que tu lui as fixé ; qu'il ne descende pas avec nous au combat, afin qu'il ne devienne pas pour nous un adversaire pendant le combat !.

Ce substantif vient du verbe N+a#&f shâthan (6 occurrences) qui veut dire "s'opposer".

Dans le livre de Job (14 occurrences), on peut légitimement hésiter, faut-il traduire le shâthân par un nom propre Et l'Éternel dit à Satan : "D'où viens-tu ?" (Job 1,7) ou par un nom commun Et l'Éternel dit à l'adversaire ? L'utilisation de l'article défini le ne fait pas penser à un nom propre, cependant le livre personnalise cet Adversaire qui a un rôle particulier entre la Divinité et l'homme Job.

Le livre de Job commence comme un procès où la Divinité est le juge d'instruction cherchant le vrai et le faux en instruisant à charge et à décharge. L'Autre a le rôle de procurateur, il accuse l'homme de mal se comporter devant la loi de Dieu. Le shâthân passe ainsi du rôle d'adversaire ordinaire à celui d'accusateur qui, pour prouver la faute, va jusqu'à la provoquer.

Ce rôle d'accusateur se situe aux antipodes de celui que la Transcendance s'est réservée, celle du justificateur qui apporte la justification, la paix intérieure aux humains. Ce rôle mythique va être de plus en plus personnalisé dans le judaïsme tardif.

Dans les livres de la Nouvelle Alliance, la personnalisation de l'Accusateur est achevée. Ainsi Jésus croyait, semble-t-il, à l'existence d'une personne Satan à coté et contre Dieu. C'est ce qu'indique Matthieu en 4,10 Jésus lui dit : "Va–t'en, Satan !". Mais même personnifié le satanas garde son rôle initial principal d'accusateur public qui nous fait nous opposer au Père et à notre volonté bonne, ainsi en 1 Thessalonissiens 2,18 : Nous avons voulu vous rendre visite plusieurs fois, en tout cas, moi, Paul, j'ai voulu le faire, mais Satan nous en a empêchés.

Les mots grecs satan satan (une occurrence) et satanaj satanas (36 occurrences) sont un simple décalque de l'hébreu.

Savoir si le Satan est un être ou une personne ou le personnalisation de nos pulsions est assez secondaire, l'expérience humaine exprime qu'il y a des forces intérieures ou extérieures qui s'oppose à notre relation avec la Transcendance.

Voir aussi le mot connexe diable.

Seigneur

ynfdo)a ('adonây) kurioj (kurios) dominus

Le mot Seigneur est utilisé dans plusieurs traductions francophones pour exprimer le nom propre divin de la bible hébraïque. On le trouve aussi dans 667 versets de la bible grecque, ce qui représente un nombre considérable d'occurrences.

Le mot désigne le propriétaire du champ qui doit embaucher des ouvriers pour ramasser les épis et faire ainsi la moisson ou le propriétaire de la maison qui dirige la maisonnée et ses serviteurs. Un kurios est simplement un patron.

Cette entrée est développée dans une page spéciale consacrée aux noms de dieu.

Sémite

Voir le mot Israélite.

Septante

Voir l'entrée LXX plus haut dans cette page.

Souffle

xaw%r (rouah) pneuma (pneuma) spiritus

La bible parle du souffle de Dieu quand elle veut indiquer une présence ou une action de Dieu auprès des humains. La terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l'abîme ; le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.. À l'origine la rouah (le mot est féminin comme beaucoup des attributs de Dieu) désigne le vent.

L'action de Dieu est semblable à un vent, elle ne se voit pas, elle souffle dans une direction, mais le barreur est libre de mener sa barque à sa guise en orientant les voiles. Il peut même louvoyer pour aller dans le sens opposé à celui du vent.

Vous pouvez consulter la page complète portant sur Corps, Âme et Souffle, qui suis-je ?

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- T -

Temple

lkayh' (héykal) i)eron (hiéron) templum

En général, le mot temple convient parfaitement, mais dans un contexte protestant, on peut utiliser lieu de réunion ou "lieu de prière". Veuillez consulter la page sur des confusions de vocabulaire, plus précise sur ce mot.

Puisque vous vous intéressez aux temples, allez visiter ce site dédié aux temples français, d'hier et d'aujourd'hui.

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- U -

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- V -

Vierge

  parqenov (parthenos)3933 virgo
hmjl;(a ("alemâh)    

Le mot grec parthenos apparaît 14 fois dans 12 versets des livres bibliques de la Nouvelle Alliance ; dont seulement trois fois dans deux versets au sujet de Marie, la mère de Jésus, on voit que la virginité n'est pas une préoccupation des premiers chrétiens. Celui qu'on appelle Luc a écrit (1,26-27) : Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, chez une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; le nom de la vierge était Marie.

En français, le mot vierge a un sens précis qui relève du domaine médical, il désigne celui ou celle qui n'a encore eu aucune relation sexuelle, plus précisément pour une femme, celle qui n'a pas eu de relation sexuelle avec pénétration vaginale et qui a gardé son hymen. En grec le mot a globalement le même sens, cependant il ne désigne pas d'abord un statut médical, mais un statut social, il s'agit d'une jeune femme nubile mais non mariée.

L'autre passage où il serait question de Marie comme vierge est dans l'évangile attribué à Matthieu (1,23) où un messager de Dieu annonce à Joseph que Marie, sa promise, sera mère : Voici, la vierge (parthenos) sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. Cette déclaration reprend une prophétie d'Esaïe (7,14) dans la traduction israélite en grec (la LXX) : C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe ; Voici, la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d’Emmanuel.

Il y a en apparence similitude des situations, Esaïe annonce la naissance d'un enfant, Matthieu annonce la naissance de Jésus ; les deux enfants sont destinés à sauver le peuple (c'est une signification du nom "Emmanuel") ; les deux mères sont vierges. Donc Marie est toujours vierge,… sauf que :

Le mot "alemâh, dont le masculin Mle(e ("èlèm) est aussi attesté, semble être du registre nuptial plutôt que physiologique et signifier jeune adulte célibataire ; dans cette époque lointaine, on était soit vierge et non marié, soit marié et non vierge. Ces mots dérivent du verbe Mlj(a ("alâm) qui signifie "cacher", car il était coutume de cacher les jeunes filles à marier, sans doute de peur qu'elle se marie toutes seules sans autorisation paternelle.

La doctrine officielle de l'Église Catholique Romaine est que Marie, mère de Jésus était restée, toute sa vie, vierge au sens médical strict (comment garder son hymen après un accouchement sans césarienne !). La grande majorité des orthodoxes disent que Marie était vierge jusqu'à la naissance de Jésus, donc que Jésus n'a pas été conçu avec un homme, mais que Marie a eu ensuite des relations sexuelles avec Joseph et a donnée ensuite naissance aux nombreux frères et sœurs de Jésus connus dans les évangiles.

Une (petite) majorité des protestants historiques pensent l'une ou l'autre théorie sans y attacher la moindre importance. Les autres savent que Luc n'était pas gynécologue, même si la tradition en a fait un médecin pour justifier la théorie romaine exposée ci-dessus. Le trait marquant attribué à Marie, sa virginité signifie un temps d'attente, de disponibilité, attente d'un époux pour une jeune fille, disponibilité à l'inatendu de la divinité pour Marie.

Paul explique cet état dans la première lettre aux Corinthiens (7,34), pas à propos de Marie qu'il ignore complètement, mais en réponse à une question sur la pertinence du mariage quand on attend "le retour du Seigneur" : Il y a de même une différence entre la femme (gunh gunê) et la vierge (parthenos), celle qui n’est pas mariée s’inquiète des choses du Seigneur, afin d’être sainte de corps et d’esprit ; et celle qui est mariée s’inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à son mari. L'apôtre ne critique pas ici les femmes, il dit la même chose ailleurs avec d'autres mots pour les hommes, il propose une attente, une disponibilité entière à Dieu.

L'opposition femme - parthenos de la première partie de la phrase correspond à l'opposition mariée - non-mariée de la seconde partie. La parthenos est une jeune femme destinée à être mariée,… sans qu'il soit question hymen. En raison de l'âge alors habituel du mariage on abandonnera le mot vierge et on traduira de préférence pas jeune fille.

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- W -

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- X -

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- Y -

YHWH

hwhy (YHWH) kurioj (kurios) dominus

Le dieu d'Israël a un nom propre indiqué dès le premier verset de la Bible : Dans un commencement le d(D)ieu(x) hwhy (YHWH) fit les cieux et la terre. Ce mot de quatre lettres est appelé le tétragramme, il apparaît 5780 fois dans la bible hébraïque.

De nombreuses traductions françaises, surtout protestantes, ont aussi adopté un profil bas en utilisant deux noms communs pour ce nom propre. On trouve le décalque de la LXX avec le Seigneur ; aussi la typographie le Seigneur qui manifeste par les majuscules qu'il s'agit d'un nom propre. D'autres protestants utilisent l'éternel.

Le Yahvé conjoncturel est déduit du texte de Ex 3,14 “Dieu dit à Moïse: "Je suis celui qui est." Et il dit: "Voici ce que tu diras aux Israélites: "Je suis" m'a envoyé vers vous.". Ce verset comporte trois fois hyEh;)e ('èheyeh), conjugaison du verbe hyFha (hayâh) être, ou plutôt exister ou encore devenir, à l'indicatif inaccompli. Ce temps peut se traduire par un présent comme par un futur et indique une action qui n'est pas terminée, éventuellement même pas encore commencée.

Cette hypothèse Yahvéh est aujourd'hui très décriée. La proposition de vocalisation du nom divin hwhy en hwohyf (Yâhôh) est assez convainquante. L'alternance des voyelles â (qamets) et ô (wav-hôlem) est en harmonie avec le mot #$wOdqf (qâdôch) saint, selon les règles de la poétique hébraïque qui met en "rime" des mots présentant la même alternance de voyelles. On trouve ainsi en Lévitique 19,2 Soyez saints car moi YHWH (je suis) saint (kiy qâdôch aniy Yâhôh), ou Esaïe 6,3 Les séraphins disaient "Saint, Saint, Saint (est) YHWH" ("qâdôch, qâdôch, qâdôch, Yâhôh"). D'ailleurs la proximité euphonique est renforcé par le fait que sur 116 versets qui ont le mot qâdôch, 61 ont aussi le nom divin Yâhôh.

Cette entrée est développée dans une page spéciale consacrée aux noms de dieu.

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Pat de mot répertorié commençant par cette lettre

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Conclusion

Quel est le mot qui manque et que vous avez cherché ? Et si vous me le demandiez ?

J'espère qu'avec cette approche du vocabulaire, les croyants pourront apprécier un peu mieux les bases de leurs convictions selon une approche renouvelée, mais située dans la continuité de la foi des premiers chrétiens. Je pense aussi que les incroyants pourront trouver des pistes de compréhension des choses de la religion chrétienne.


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Date de création : 8 août 2004.
Dernière révision : 28 juin 2005.
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