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homosexuel(le)s dans l'Église

Sommaire

La question posée aux protestants français

À la demande de quelques conseillers, le Synode National de l'Église Réformée de Fance a, plusieurs fois, émis le vœu que soit abordée la question de la place des homosexuel(le)s dans l'Église. Mais le Conseil National n'avait pas jugé pertinent d'inscrire ce point à l'ordre du jour d'un sysnode pour éventuellement fixer ou figer la Discipline

Il y a quelques années, la Commission des Ministères a refusé l'accès au pastorat à un candidat ayant préféré se dire homosexuel, d'ailleurs sans qu'il en fasse un objet de militance, plutôt qu'expliquer son état de célibataire par des raisons obscures ou un vague silence. Notons que quelques pasteurs en poste sont connus, au moins localement, pour leur orientation homosexuelle.

Finalement, le Conseil National a préféré initier une démarche moins formelle en passant par le Comité Permanent Luthéro-RéforméCelui-ci a lancé une consultation des Eglises locales en posant trois questions :

Le questionnaire était accompagné d'un ensemble de documents sérieux et honnêtes. Les Eglises locales devaient répondre avant la mi-juin 2003. Après dépouillement, et si un consensus minimum sort des réponses, le Conseil National déciderait possiblement d'inscrire cette question à l'ordre du jour du Synode.


La position de l'Église de Lyon Ouest Change

La paroisse de Lyon Ouest Change a émis un avis sur lequel je suis assez dubitatif pour les raisons que j'exposerai après le texte adopté. J'ai mis en évidence les passages sur lesquels porte le commentaire.

Le texte adopté par le conseil

L'actualité de notre société a été traversée ces dernières années par un questionnement intense et riche concernant le thème de l'homosexualité. Notre Église, elle aussi, a été interpellée à plusieurs reprises, et depuis plusieurs années sur cette question.

Une consultation nationale a donc été lancée auprès de toutes les paroisses de notre Église pour que nous prenions le temps, le plus sereinement possible, de réfléchir ensemble, de débattre et de discerner quelle attitude adopter devant des situations pour lesquelles nous n'avons pas encore de solution.

Notre conseil de paroisse a pris au sérieux cette consultation lors de plusieurs rencontres. Nous nous sommes informés du mieux que nous pouvions : au niveau socio-historique, psychanalytique, biblique, théologique … Nos réflexions et nos débats furent aussi profonds que sereins et apaisés, traversant cette difficille question sans déchirement. En voici le fruit que nous vous livrons aujourd'hui sous la forme d'un avis qui sera envoyé au conseil régional comme il nous l'avait été demandé.

Il apparaît qu'un consensus unanime se dégage sur les trois questions majeures qui sont posées par l'hosexualité :

Au nom de l'Évangile, nous avons à accueillir tous les êtres humains, quels que soitent leurs parcours et donc y compris les homosexuels : tous nous somme pécheurs, tous nous sommes pardonnés, aimés par la Grâce.

Cela dit, le conseil de proisse a acquis au cours de sa réflexion la conviction qu'il n'est pas bon que l'Église ait des pasteurs homsexuels. Il en va notamment du ministère d'unité nécessaire et indispensable pour tout pasteur, mais aussi pour beaucoup d'autres raisons qu'il serait trop long de retranscrire ici.

Le conseil de paroisse n'est pas favorable non plus à la bénédiction de couples homosexuels par l'Église : ce n'est pas là une manière de juger de la qualité de leur amour, mais de la question fondamentale de ce que notre Église institue symboliquement.

"Une consultation …auprès de toutes les paroisses"

Pour des raisons locales, historiques et très particulières, Lyon Ouest Change mérite le nom de paroisse car elle ne dispose que d'une autonomie juridique limitée. Cependant le terme habituel est celui d'Église locale pour témoigner que chaque communauté de croyants réunie autour de la Parole et des sacrements témoigne réellement et complètement de l'Église universelle de Christ.

L'utilisation du terme paroisse me semble témoigner d'une confusion, cetainement non voulue, mais cependant d'une contamination insidieuse du vocabulaire protesant par celui utilisé dans l'Église majoritaire en France.

Le "conseil de paroisse a pris au sérieux cette consultation"

Mais il n'avait pas été jugé utile d'ouvrir la discussion ni lors de réunions ouvertes ou publiques du conseil, ni lors de réunions spécifiques ouvertes à tous et toutes. Les différents groupes de la paroisse ont été invités par le pasteur à réfléchir sur ce thème. La réalité fut "diverse" et aucun compte-rendu n'a été publié.

Cette attitude frileuse de ne pas ouvrir le débat sur les problèmes d'Église n'est certes pas une exception, mais ne témoigne pas de la capacité des réformés à s'approprier sérieusement les questions d'aujourd'hui et à en discuter sereinement.

"Un consensus unanime se dégage"

Voilà qui ne sonne pas vraiment protestant ! Le protestantisme s'est voulu, dès le départ, comme le lieu du dialogue, de la controverse, de la discussion. Le protestantisme s'est construit, parfois douloureusement, dans la diversité des opinions. Les rapports entre protestants sont basés sur le consensus différencié, pas sur un consensus unanime.

Tout protestant, et combien plus un conseil de protestants, devrait se méfier viscéralement de l'unanimité, de l'uniformité, nous qui avons tant souffert de ceux qui voulaient nous imposer une seule façon de pensée, celle de l'autorité, tant civile que religieuse.

La tradition israélite, contée dans le Talmud, précise que si tout le monde est d'accord dans une assemblée, il faut impépartivement annuler la décision prise et recommencer le débat. Si tout le monde est d'accord, cela signifie qu'on n'a pas été au fond des choses et qu'une autre position possible n'a pas encore été découverte, alors qu'elle pourrait éclairer le débat.

C'est qu point que, dit-on, lorsque le Sanhédrin, le tribunal suprême, condamnait unanimement à mort un accusé, il fallait imérativement et immédiatement le libérer. L'évidence apparente avait dû occulter la vérité.

Rien ne prouve que cette législation ait été réellement appliquée. Il n'en est pas moins vrai que unanime n'est pas protestant.

"Nous avons à accueillir tous les êtres humains … y compris les homosexuels : tous nous sommes pécheurs …"

Il est indéniable que nous sommes tous pécheurs et que, bien que pécheurs, nous soyons tous accueillis par Dieu. L'Église ne se doit-elle pas d'être aussi ouverte que Lui à tous les êtres humains ? Mais c'est la proximité "homosexuels - pécheurs" qui me laisse perplexe. Les rédacteurs ont-ils voulu indiquer que les homosexuel(le)s étaient pécheurs comme tous les autres humains, ou qu'ils étaient pécheurs en tant qu'homosexuel(le)s. Je crains de comprendre que, pour eux, l'homosexualité est en soi un état de péché et je ne partage pas cette analyse.

Pour moi, l'homosexualité est un état de certains et de certaines, dont je ne suis pas, comme l'hétérosexualité pour d'autres. C'est une manière de vivre la relation à l'autre qui ne me semble généralement pas le résultat d'une décision personnelle, mais d'un état de fait.

Le péché peut venir de la manière de vivre sa sexualité, tant homo qu'hétéro, par l'accaparement de l'autre, par la recherche de possession, mais il de provient pas de la nature de cette sexualité.

"Il n'est pas bon que l'Église ait des pasteurs homosexuels"

La formule passive est utilisée pour énoncer une vérité absolue ; pour le protestant passionné de Bible comme j'essaye de l'être, elle renvoie au passif divin qui exprime le parler ou l'agir de Dieu sans le nommer. Le mode passif exprime une volonté divine, une réalité extérieure qui s'impose à tous, il n'autorise pas la contradiction.

Les rédacteurs auraient pu écrire "nous pensons qu'il n'est pas bon …", la formulation auraient permis à d'autres d'avoir un avis contraire.

"Il en va notamment du ministère d'unité nécessaire"

Je suis d'accord qu'une Église a besoin d'un ministère de l'unité, unité autour de la Parole partagée dans sa diversité, ministère qui est, notamment mais pas exclusivement, à exercer par le (ou la) pasteur(e). Mais je ne comprends pas pourquoi un (ou une) homosexuel(le) ne saurait, ipso facto, être capable de ce ministère.

La formulation employée me semble révéler une inversion complète d'une problématique réelle. Le plus souvent, ce n'est pas l'homosexuel(le) qui pourait avoir un défaut de capacité à excercer un problème d'unité, mais c'est la communauté qui pourrait avoir des difficultés à recevoir son ministère d'unité.

Car il est vrai qu'un certain nombre (un grand nombre ?) de protestantes et de protestants ont de telles réticences à considérer qu'un (ou une) homosexuel(le) puisse témoigner "valablement" de Jésus de Nazareth, qu'elles et ils auraient de grandes difficultés à accueillir son annonce de l'Évangile.

On peut identifier plusieurs causes possibles à ce rejet :

Les plus ancien(ne)s d'entre nous comprendront ce que je vais dire. La réticence ou l'aversion actuelle contre des pasteur(e)s homosexuel(le)s ressemblent étrangement aux arguments échangés il y a trente ans quand on se demandait si on pouvait admettre des femmes au pastorat, ou si un pasteur divorcé pouvait rester dans son Église. C'était les mêmes arguments : "sera-t-elle (il) en mesure de porter valablement la Parole ?", "pourra-t-elle représenter le Christ ?", "Église (locale) pourra-t-elle rester unie face à une telle nouveauté, anormalité, amoralité ?". Problème récurrent de l'acceptation du différent, de l'acceptation de l'autre.

Même si je suis certain de dépasser la pensée des rédacteurs, cette crainte de la réception d'un ministre différent de la norme pourrait aussi s'appliquer à un candidat handicapé ou maghrébin. On trouvera toujours dans une communauté quelqu'un(e) que cela gênerait, est-ce pour autant qu'il faut a priori lui refuser une place de responsabilité ?

Sans vouloir anticiper sur le débat à venir lors du prochain synode sur les ministères, je me demande quelle est la vision du ministère pastoral qu'a ce conseil de paroisse pour penser qu'un ou une homosexuel(le) ne devrait pas être ministre dans Église. Je me demande si Ses réticences ne viennent pas en particulier de son souhait que nos ministres témoignent de l'amour de Dieu dans leur vie personnelle. Or l'amour de Dieu n'est pas homosexuel, donc le pasteur "image de Dieu" ne peut pas être homosexuels. Mais cet agument relève de la confusion, l'amour de Dieu envers les humains serait-il héterrosexuel ?

L'amour de Dieu envers les humains par Jésus de Nazareth est formulé dans la Bible par le mot grec agapè qu'on devrait, à mon avis, traduire systématiquement par solidarité, ou par fraternité et non pas par cet "amour" ambiguë. L'amour de l'homosexuel pour son compagnon, ou de l'homosexuelle pour sa compagne, comme celui d'un homme hétérosexuel pour son épouse et de la femme hétérosexuelle pour son époux, se dit aussi "amour" en français (faire l'amour) mais le grec utilise le mot éros.

Que l'homosexuel(le) n'ait pas le même éros que moi, qu'il ou elle n'ait pas le même éros que celui (peut-être) préconisé par la Bible ne préjuge aucunement de sa capacité ou non à témoigner de l'agapè de Dieu. Que l'homosexuel(le) n'ait pas le même amour (physique) que celui chanté par le Cantique des cantiques ne permet pas d'affirmer qu'il ou elle ne puisse pas vivre et témoigner de l'amour (fraternel) de Jésus.

Le français est apuvre et ne connaît que le mot "amour' pour traduire, trahir, le grec au vocabulaire plus riche. Notre langue limitée restreint notre compréhension de l'amour divin dont doivent témoigner les ministères dont notre Église se dote.

"Et pour beaucoup d'autres raisons qu'il serait trop long de retranscrire ici"

J'entends cette phrase, mais peut-être fais-je du mauvais esprit, comme un "Circulez, il n'y a rien à voir !". C'est-à-dire qu'il y a d'autres raisons, mais que nous n'avons pas à les connaître, que nous n'y comprendrions rien. C'est typiquement un "argument d'autorité" par lequel le "pouvoir" écclésiastique a souvent dans le passé imposé le silence au Peuple de Dieu. Je croyais cette époque révolue.

Moi je serais intéressé par connaître ces raisons si nombreuses ! Si le conseil les a étudiées, peut-être aurait-il pu proposer d'envoyer à ceux ou celles qui le demanderaient un document plus complet qui expliquerait ces "nombreuses raisons".

"Le conseil de paroisse n'est pas favorable à la bénédiction de couples homosexuels par l'Église"

Remarquons en passant que cette résolution n'est en rien justifiée ou argumentée.

Mais sur le fond, mes bras m'en tombent ! Depuis quand dans la théologie protestante est-ce l'Église qui bénit les couples, fussent-ils hétérosexuels, à l'occasion de leur mariage ?

J'ai la ferme conviction que ce n'est pas Église qui bénit, encore moins le pasteur. Au contraire c'est Dieu seul qui bénit le couple, qui dit du bien de ces amoureux, qui promet du bien à ces deux-là qui se présentent devant la communauté.

Qui sait quels sont les couples que bénirait Dieu et quels sont ceux qu'il ne bénirait pas ? Parmi ces derniers, y aurait-il que des couples homosexuels ? Qui peut décider à la place de Dieu ? Qui peut prétendre que Dieu sélectionne les amours humains ? L'homosexualité serait-il le dernier refuge de la prédesination ?

Certes on trouve des passages bibliques qui refusent l'amour homosexuel, mais on en trouve aussi qui vouent aux gémonies les non juifs, dont nous sommes, et d'autres qui rejettent les divorcés. Pourtant les uns et les autres peuvent aujourd'hui demander et recevoir la bénédiction de Dieu au temple.

La fonction du célébrant dans l'Église est de parler, d'annoncer la bénédiction de la part de Dieu, pas de se prendre pour Dieu en donnant lui-même la bénédiction après avoir choisi ceux et celles qui y ont droit.

"Nous avons à accueillir tous les être humains... y compris les homosexuels"

C'est le moment de revenir sur la première affirmation du conseil. Comment peut-on prétendre accueillir quelqu'un sans lui donner la possibilité théorique de prendre sa place, toute sa place, entièrement sa place. Peut-on accueillir un homme ou une femme sans prendre le risque de lui permettre de prendre toutes les responsabilités que ses compétences et sa soif de la Parole pourraient le conduire à demander à assumer ? Peut-on l'accueillir sans lui accorder la bénédiction que Dieu accorde à tout homme et à toute femme en signe du salut qu'il offre gratuitement, sans condition aucune ?

Peut-on accueillir sans accueillir entièrement ?

Si j'accueille chez nous, pour le partage du repas familial, pour une soirée d'échanges, une homosexuelle, cela ne peut être que sans réticence, sans me demander si elle va tenter de séduire mon épouse. Si j'accueille un homosexuel, cela ne peut être que sans arrière pensée, sans craindre qu'il tente de séduire mon fils. Je n'ai pas à avoir peur d'un ou d'une homosexuel(le)e. Il n'y a pas de limite à l'accueil.

Peut-on accueillir sans accueillir totalement ?


La position de l'Église des Terreaux (à Lyon)

Le débat est posé autour de trois points :

Le fait même de poser la question de l'accueil des personnes homosexuelles au sein des paroisses est en soi particulièrement choquant, même si le dossier y répond par la positive.

Il convient cependant de s'interroger sur la notion d'accueil et plus précisément sur la dimension de l'accueil que l'on entend réserver aux personnes homosexuelles qui franchissent la porte d'un temple.

Par l'accueil, que propose-t-on ? Quelles portes leur ouvrira-t-on ? A quels engagements leur donnera-t-on accès ? Est-il concevable d'organiser plusieurs strates d'accueil pour différentes catégories de paroissiens ? Certains, tous, seraient admis à franchir la porte du temple, à assister au culte et, pourquoi pas aux réunions de prière et aux études bibliques. D'autres, mieux lotis, pourraient participer à la cène. Les suivants se verraient proposer l'entrée au conseil presbytéral. D'autres encore pourraient assurer la présidence de cultes. Tel ou tel accéderait au baptême ou verrait bénir son union. Enfin, accueil suprême, le ministère pastoralserait ouvert.

Est-ce admissible ? Non ! L'accueil implique l'accès à tout ce à quoi peut conduire une entrée en paroisse, quel que soit le degré d'implication, de l'assistance aux cultes au ministère pastoral en passant par tous les engagements de divers niveaux, dont l'entrée au conseil presbytéral, la bénédiction des unions, la représentation aux synodes.

Nous ne pouvons pas accepter la création de catégories de paroissiens de second rang, auxquels l'Église refusera bénédiction des unions ou qui ne pourraient pas prétendre devenir pasteurs : l'accueil être identique pour tous.

Après l'ensemble de ces réflexions, nous répondons par l'affirmative aux trois questions :

Nous voulons rester fidèles au message du Christ qui a accueilli sans condition. Et nous faisons nôtre l'aphorisme de Nietzsche (c'était dans notre travail psychanalytique que sommes tombés sur cet aphorisme !) ce qu'on fait par amour est au-delà du bien et du mal ; ce que deux personnes qui s'aiment font ensemble ne peut être qualifié de pervers.

Le dossier de synthèse du groupe de travail est disponible sur demande à la paroisse.


Église unifiée d'Australie : oui aux pasteurs homosexuels

L'Église unifiée d'Australie a décidé, le 17 juillet, d'autoriser les homosexuels à devenir pasteur, devenant le prenier courant religieux important du pays à prendre cette décision. Formée en 1977, elle rassemble les presbystériens, les méthodistes et l'Église congrégationnaliste.

La décision a été prise après deux jours de débats houleux en assemblée générale, le courant conservateur ayant mis en garde sur un risque de départs massif de fidèles si cette décision était votée.

75 % des 250 délégués ont cependant voté cette motion autorisant les consistoires à décider de la reconnaissance de ministère de personnes homosexuelles au cas par cas.

Un porte-parole du courant conservateur, Mary Hawkes, a estimé que l'Église était désormais horriblement enfermée dans une scission, avertissant que plus de 3 000 fidèles dans un seul Etat envisageaient de quitter l'Église. Dorothy McRae-McMahon, pasteur retraitée et lesbienne, a pour sa part estimé qu'au contraire cette décision allait attirer de nouveaux fidèles dans l'Église unifiée.

Cette décision intervient peu de temps après qu'un prêtre homosexuel, Jeffrey John, ait été élevé au rang d'évêque au sein de l'Église anglicane de Grande-Bretagne, suscitant un tollé parmi les conservateurs. Jeffrey John avait finalement renoncé à ce poste compte tenu des dommages que sa consécration pourrait causer à l'unité de l'Église anglicane.

Dépèche A.F.P. reprise dans le Bulletin d'Information Protestant du 1er septembre 2003.


Les français disent oui au mariage des homosexuels, mais non à l'adoption

La tolérance vis à vis des homosexuels semble en augmentation, selon un sondage qui indique que les Français sont favorables au mariage homosexuel mais rejettent encore majoritairement le droit à l'adoption.

61 % des personnes interrogées déclarent qu'elles accepteraient bien que leur enfant soit homosexuel contre 41 % selon un sondage identique mené en 1995 et 36 % le vivraient mal contre 58 % en 1995.

En outre, 55 % des Français sont favorables au mariage homosexuel (contre 51 % en 1995) mais rejettent à 59 % le droit pour un couple homosexuel à adopter. Résultat très disparate suivant les classes d'âge puisque 60 % des 15-24 ans se disent pour l'adoption contre 22 % des 50-64 ans et 18 % des plus de 65 ans.

Le débat sur le Pacte civil de solidarité (Pacs), voté en 1999, semble marquer un tournant dans les mentalités. Aujourd'hui, 70 % des personnes interrogées se déclarent favorables au Pacs contre 64 % en 2000 et 49 % en 1998.

Si la catégorie socio-professionnelle importe peu dans l'opinion vis à vis de ce contrat, l'âge est déterminant puisque 85 % des personnes interrogées de plus de 35 ans sont favorables contre 44 % des plus de 65 ans.

Dépèche A.F.P. reprise dans le Bulletin d'Information Protestant du 1er septembre 2003.


Le Qohélet et l'homosexualité ?

Dans la Bible, voici un passage inconnu et bien peu utilisé, on se demande bien pourquoi ! Voici les versets 7 à 12 du chapitre 4 du livre de Qohélet (appelé parfois Écclésiaste).

J'ai observé ici-bas une autre situation décevante comme la fumée :
Voici un homme absolument seul, sans compagnon, qui n'a ni frère ni fils, et qui travaille à n'en plus finir. Il désire toujours plus de richesses, bien qu'il se demande pour qui il travaille et se prive de bonheur. Voilà encore de la fumée sans lendemain, une mauvaise façon d'occuper sa vie.
Deux hommes associés sont plus heureux qu'un homme solitaire. À deux ils tirent un bon profit de leur travail. Si l'un d'eux tombe, l'autre le relève. Par contre celui qui est seul est bien à plaindre, car s'il tombe il n'a personne pour le relever.
Lorsqu'on peut dormir à deux on se tient chaud, alors que celui qui est seul n'arrive pas à se ré-chauffer. Deux personnes peuvent résister à une attaque qui viendrait à bout d'un homme seul. Plus une corde a de brins, plus elle est solide !

Malgré la douceur de la traduction (Bible en Français Courant), le Qohélet suggère bien à deux hommes de dormir ensemble plutôt que vivre seul.

Comme quoi, il n'y a pas dans la Bible que des malédictions contre les homosexuel(le)s !


Pour aller plus loin

Logo de David et Jonathan

Je vous suggère de consulter le site de "David et Jonathan", association d'homosexuelles et d'homosexuels chrétiens de différentes confessions chrétiennes, et en particulier l'excellent dossier publié en réponse aux questions du C.P.L.R.


@ de cette page :
   http://jean-luc.dupaigne.name/fr/chr/homosexuels.html
Date de création : 16 septembre 2003.
Dernière révision : 23 décembre 2003.
Dernière révision technique : 26 janvier 2005.
©Jean-Luc Dupaigne 2003.