Deux temples à Lyon

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Le temple du Change

     

La paroisse de Lyon-Ouest Change s'étend sur la rive droite de la Saône, sur Lyon 5° et 9° et toutes les banlieues de l'Ouest et du Nord-Ouest de Lyon.

Les cultes ont lieu le plus souvent au temple du Change dans le Vieux Lyon (5°), parfois dans les locaux paroissiaux à Tassin la Demi-Lune.

Pour visiter, vous pouvez venir au culte le dimanche matin à 10 h 30, lors des "Journées du patrimoine", ou plus simplement chaque samedi après-midi car les portes sont ouvertes pour une visite architecturale, historique, ou pour un échange.

C'est dans ce temple qu'eut lieu en 1938 le synode de fusion des quatre Églises protestantes qui a permis la création de l'Église Réformée de France.

Le temple du Change a été confié en 1803 par la Ville de Lyon à la communauté protestante de Lyon après la signature des accords (concordats ou lois organiques) entre l'Empire (Napoléon) et chacune des quatre religions "officielle" (catholique romaine, israélite, protestante réformée et protestante luthérienne).

À l'origine le bâtiment était une bourse d'échange bâtie en 1630 pour le commerce et les (vrais) monnayeurs, d'où le nom de l'édifice. Il fallait échanger les pièces d'or puis les lettres de changes en provenance des différents pays et même des différentes provinces françaises. La façade a été refaite par Soufflot vers 1750.

Comme pour la majorité des temples réformés, l'intérieur du temple est assez nu, désespérément nu pourraient dire certains romains ou orthodoxes. Jusqu'à récemment (précisément le dernier changement de pasteur) il n'y avait pas de croix au mur du Temple. La présence ou l'absence d'une croix dans un édifice chrétien ne relève pas d'un caprice local, il situe une opinion théologique : la foi que Jésus de Nazareth est reconnu comme Christ, comme sauveur, est-elle liée exclusivement ou principalement à sa mort (présence d'une croix) ou à sa vie, ses paroles (enseignement) et ses actes (absence de croix).

Dans les temples réformés français, il n'y a jamais de crucifix, de représentation de Jésus sur la croix, contrairement à la majorité des églises romaines. Jésus le Christ n'est pas, n'est plus sur une croix, il est vivant aujourd'hui, Dieu parmi nous les humains.

À gauche le lutrin porte en permanence une (vieille) Bible pour indiquer que la Parole de Dieu est première et est la seule norme dans l'Église.

Au centre la table de bois sur laquelle la lumière brille pendant le culte ; elle est sans nappe. Lorsque nous partageons la Cène, nous faisons cercle autour de la table (ou autour de toute la salle selon l'affluence).

À droite, derrière le bouquet de fleurs, se dresse la chaire à partir de laquelle le prédicateur, pasteur ou laïc, commente la Bible pendant le culte. Dans beaucoup d'autres temples, la chaire est plus haute et au milieu derrière la table.

Sur les murs latéraux du temple, comme dans beaucoup d'autres temples, on a disposé des versets bibliques qui peuvent être considéré comme des maximes pour l'édification des membres de l'assemblée. Le libellé de gauche est une version arrangée du livre de Jean (8,31-32) Jésus, donc, disait aux Juifs qui avaient mis leur foi en lui : Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.

De l'autre coté de la salle de culte, la citation est tirée du Psaume 119 (105) Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier.

Tout temple réformé qui se respecte a un orgue. Le Change ne déroge pas à la règle, et son orgue est installé sur une tribune au dessus du hall d'entrée.

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Le temple du Paradis

Le temple du Paradis a été un temple éphémère témoin de la première implantation de la Réforme dans la ville de Lyon. Il fut construit en 1564 ; il y avait alors déjà deux autres temples dans la ville : un temple place des Terreaux à l'emplacement actuel de l'Hôtel de Ville et le temple de Bourgneuf ou temple de la Fleur de Lys rive droite de la Saône (relativement près du temple actuel du Change). Il a été détruit trois ans plus tard en 1567 lors des guerres de religion.

Il aurait remplacé un jardin du même nom ("paradis" veut dire, en vieux persan, "jardin") situé dans la presqu'île entre Saône et Rhône un peu au Sud-Est de la place actuelle des Cordeliers, entre les rues des Estableries (devenue rue du Palais Grillet), des 4 Chapeaux, Tupin et Ferrandière.

On remarque la disposition en rond (ou en ovale ?) des bancs autour de la chaire du prédicateur. La forme circulaire était, pensait-on, celle du Temple de Salomon que les premiers architectes protestants voulaient, peut-être, imiter ; le temple de Charenton a été construit sur le même principe vers la même époque. Cette forme signifie aussi l'égalité entre tous les participants (un cercle n'a pas de sommet), et la communion autour de la prédication. Il n'y a pas de table de communion, sans que cela prouve qu'on n'y célèbre pas la Sainte Cène.

À l'intérieur, les hommes portent le chapeau et les femmes la coiffe. Les bancs du centre semblent réservées aux femmes, sans que cela prouve la séparation des sexes, puisqu'on voit des femmes debout près de trois des quatre portes et qu'il semble qu'il y ait deux couples à l'étage.

Le petit "enclos" au pied de la chaire pourrait être celui des diacres ou des anciens du conseil. Les seuls bancs confortables avec dossier (prévus pour les notables ?) sont aussi occupés par des enfants. Un chien assis écoute sagement la prédication, peut-être est-ce pour indiquer que le lieu n'est pas sacré.

Cette gravure, signée de l'architecte du temple Jacques Périssin, montre l'extérieur du temple. Les escaliers extérieurs donnent accès à la tribune, Les deux portes, une par niveau, sont situées l'une au-dessus de l'autre.

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Et aussi

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Date de création : 9 juin 2000.
Dernière révision : 9 février 2005.
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